Saint-Sever

Morlanne ou la naissance d'une cité

(c) Studio Toutatis
(c) Studio Toutatis

Le site de l’oppidum du Mont des Lannes est occupé depuis la protohistoire. Il fut investi, comme toute l'Aquitaine, par les Romains en 56 avant J-C. Toutefois le Castrum Caesaris (camp romain) et le palestrion (palais du gouverneur) étaient contemporains des grandes invasions (IVe - Ve siècle). 

Grâce à sa situation privilégiée dominant la vallée de l’Adour d'un côté et les contreforts des Pyrénées de l'autre, cette place forte était un excellent observatoire. Tournant le dos aux riches collines de Chalosse, la vue sur la plaine s’étend jusqu’à « la mer de pins ». On y accède par un petit chemin pentu appelé la côte de Brille, au bas de laquelle une fontaine invite « le voyageur à étancher sa soif », par une inscription lapidaire du IVes. Au Ves. qui vit la christianisation de la contrée et le martyr de Severus. 

Une église martyriale dédiée à ce saint y a peut-être était implantée. 

A la fin du Xes. le duc de Gascogne Guilhem Sanche céda la propriété du Mont des Lannes à l’abbaye qu’il venait de fonder sur le plateau à côté.

De nombreux vestiges paléochrétiens provenant de Morlanne, colonnes, chapiteaux de marbre  sont conservés au musée des Jacobins ou remployés dans l’abbatiale. Mais les fouilles programmées se sont toujours heurtées aux arènes en béton de 1932.

Derrière les maisons au nord des arènes, s’élevait un château fort au Moyen-âge, dont il ne reste que les mottes castrales.

La villa antique du Gleyzia d'Augreilh

(c) Office de Tourisme
(c) Office de Tourisme

Cette villa du Bas-Empire est installée dans la plaine entre Adour et Gabas à Augreilh, vers Toulouzette. D’après le docteur P. Dubedat qui a étudié la villa pendant une 30aine d’années, dont 15 de fouilles programmées, le site est occupé depuis le Néolithique (-7500 à -2500). La villa elle-même aurait été bâtie ex nihilo au IVes. (entre 350 et 380).

A partir du Ves. un enclos paroissial paléochrétien comprenant l’église Saint-Pé de Mazères et la nécropole environnante s’est installé sur le site jusqu’au XIVes.

Par la suite la paroisse a disparu et le territoire est retourné à une vocation agricole, le site étant celui de la caverie de Mazères qui a persisté jusqu’à la Révolution.

La villa a été fouillée pendant tout le XIXe, certaines mosaïques ont été mises à l’abri en les installant dans des maisons privées (maison Sentex, château d’Amou).

Le plus grand intérêt de cette villa, outre les thermes chauffés par hypocauste, c’est la présence d’un double péristyle. Site privé.

Arènes Henri Capdeville

(c) Studio Toutatis
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La tradition séculaire de faire courir des taureaux dans les rues de Saint-Sever est une des plus anciennes (XVes.).

Les arènes de Morlanne, ont été bâties en 1932, elles remplacent des arènes en bois de 1854. L'architecte dacquois Pomade fut choisi par le maire Albert Larrède et Abel Crabos président du comité des fêtes. De forme ovale adaptée à la fois aux courses landaises et aux corridas, elles permettent d'alterner ces deux spectacles. Cela en fait les arènes les plus animées du Cap de Gascogne.

Elles ne sont ouvertes que lors de manifestations taurines et en juillet-août, visite guidée le lundi et le vendredi après le cœur de Saint-Sever, départ à 15h depuis l'Office de Tourisme, 6€/pers. .

L'abbaye de Saint-Sever

(c) Studio Toutatis
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Le monastère actuel a été fondé à la fin du Xes. par le duc de Gascogne Guilhem Sanche qui acheta le terrain en 988. 

Entre 1028 et 1072, sous l’abbatiat de Grégoire de Montaner, l’abbaye prit toute son ampleur, elle avait des possessions autour de Saint-Sever, des terres et des églises en Gironde et jusqu’en Espagne.

Etape sur la voie limousine des chemins de Compostelle, elle a été inscrite à ce titre, au Patrimoine mondial de l’UNESCO en 1998.

Après un incendie vers 1065, l’abbé Grégoire décida de reconstruire l’église selon un plan bénédictin à sept absides échelonnées.

Au début du XIIes., l’église fut achevée avec des tribunes de transept et des chapelles d’étage. Le sol du chœur était pavé de splendides mosaïques conservées en partie sous des dalles de verre et des chapiteaux romans ornaient l'église. 

L’abbaye a souffert de la guerre de cent ans, les bas-côtés sont voûtés d’ogives et éclairés de fenêtres à remplage rayonnant gothiques (XIVe et XVe s.). 

Elle fut ravagée par les protestants lors des guerres de Religion en 1569. Ce n’est qu’au XVIIe et XVIIIs. que la congrégation de Saint-Maure restaura l’abside principale, la façade, le cloître et les bâtiments conventuels.

Pendant la Révolution, les religieux ont été chassés de Saint-Sever devenu «Montadour». L’église fut rendue au culte paroissial en 1795.

La façade vers 1864 ainsi que la nef vers 1897, furent rétablies dans le style néo-roman avant son classement Monument Historique en 1911. Le clocher fut restauré en 1932.

 

L'église est ouverte tous les jours de 9h à 18h, son accès est limité lors des offices.

Visite guidée : 

  • en juillet - août :  du lundi au samedi à 10h et le lundi, mercredi et vendredi à 15h sauf jours fériés, depuis l'Office de Tourisme, de 4€ à 6€/pers. 
  • pour les groupes toute l'année sur rendez-vous. 

>> UN SEUL CONTACT : l'Office de Tourisme Saint-Sever Cap de Gascogne >> 05 58 76 34 64. 

Le chevet à 7 absides échelonnées de l'église-abbatiale

Plan de Francis Lafargue 1983
Plan de Francis Lafargue 1983

 

 

 

La très grande originalité de l'abbatiale de Saint-Sever, c'est son plan à 7 absides échelonnées : ce type de plan à 3 absides est très courant - à 5 absides échelonnées c'est plus rare, ex : la Sauve-Majeure en Gironde - et à 7 absides échelonnées, il n'en reste plus que deux : Saint-Sever et Châteaumeillant dans le Cher. C'est le plan de type bénédictin dans sa plus grande ampleur.

A l'époque romane, quelques assez rares églises avaient cette forme, avant que le plan de type pèlerinage (avec déambulatoire et chapelles rayonnantes) ne transforme certains de ces édifices. L'exemple qui a peut-être servi de modèle, puisque l'abbé Grégoire de Montaner semble y avoir été formé, c'est la seconde église de Cluny : Cluny II.

Sculpture romane de l'abbatiale

(c) Francis Lafargue
(c) Francis Lafargue

 

 

 

Il existe encore 5 colonnes de marbre et 3 chapiteaux antiques remployés dans l'église. Mais plus de la moitié des 150 chapiteaux qui l'ornent ainsi qu’un tympan très dégradé, sont romans (fin XIe – début XIIs.). Les chapiteaux sont ornés essentiellement de feuilles nues ou découpées, de lions souriants ou d'oiseaux monstrueux, de Daniel dans la fosse aux lions ou du banquet d'Hérode. Le tympan figure le Christ en gloire de l'Apocalypse au-dessus du portail nord du XIXs.

Les orgues de l'Abbatiale

(c) V. Meyranx
(c) V. Meyranx

L’orgue actuel a un buffet de bois sculpté de 1711, du facteur François Lépine. Il faut l'imaginer comme il était à l'origine baroque, richement coloré : dorures, vert d'eau etc....

Cet orgue fut restauré vers 1737 par Dom Bedos de Celles. De cette époque 90 tuyaux de bois sont encore conservés. 

Entre 1896 et 1898 le Conseil de Fabrique, après avoir cherché un facteur d'orgue digne de succéder au célèbre Dom Bedos car l'instrument était devenu "asthmatique et chevrotant", confia la tâche à Aristide Cavaillé-Coll. Ce dernier, facteur d'orgues de grande renommée, innondait la France et l'Europe d'orgues de qualité.

Son inauguration en 1898, donna lieu à une fastueuse cérémonie organisée de main de maître par Francis Planté.

C’est un des rares orgues romantiques en France à être encore intact et un des plus grands d'Aquitaine : 2130 tuyaux - 3 claviers - 1 pédalier - 36 jeux. Il remplit l'abbatiale à chaque messe, cérémonie ou concert. 

Les bâtiments conventuels

(c) Toutatis
(c) Toutatis

 

 

 

Le monastère, où vivaient les moines a été entièrement, reconstruit après les guerres de Religion par la congrégation de Saint-Maure, au XVIIes. - XVIIIes.

Les moines avaient prévu d'immenses bâtiments de style classique sur 4 niveaux centrés autour du cloître. A la Révolution, ils furent chassés de Saint-Sever. Le monastère fut vendu comme Bien National.

 

La mairie ayant racheté l'intégralité des bâtiments, elle en vendit plusieurs parties dans les années 30 puis 60. Le presbytère et la mairie sont installés dans les parties publiques et la salle capitulaire a été transformée en salle du Trésor. Depuis quelques années le jardin du cloître a retrouvé son intégralité, grâce au rachat de la maison Darquet.

 

Ouvert tous les jours de 9h à 20h.

 

Visite virtuelle du cloître de l'abbatiale.

La salle du Trésor

(c) Studio Toutatis
(c) Studio Toutatis

Installée dans l'ancienne salle capitulaire de l’abbaye, c'est une exposition d’objets religieux provenant de l'ancienne abbaye bénédictine. Vitrine nord : deux reliquaires XVIII- fac-similé de L’Apocalypse de Saint-Sever, manuscrit du XIes. Vitrine est : plat de quête - encensoir - tabernacle - chapelle d'évêque en vermeil XVIIIe, calice, patène, bassin et burettes avec le coffret pour transporter cet ensemble destiné à dire la messe. Au mur : deux tableaux XVIIe - une statue de saint Michel terrassant le Dragon. Dans la 2e vitrine est et la sud : habits religieux de cérémonie, XVIII - XIXe, chasubles, chapes, dalmatiques, étoles et manipules. Ouvert tous les jours de 9h à 20h. 

Contacter notre Office de Tourisme 

05 58 76 34 64


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